Fraternelle Unitarienne

Pour une spiritualité libre et sincère

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En France, l’unitarisme n’est connu que par de rares initiés. Cette situation est le produit de l’histoire. Une longue histoire. Le catholicisme romain a impitoyablement conquis son hégémonie durant des siècles, en usant de toutes les violences pour éradiquer toutes les autres formes d’expressions spirituelles. Malgré les redoutables moyens employés, il ne pourra pas toutefois contenir la survenance de la concurrence protestante qui finira par se montrer accueillante envers les unitariens qui affichaient des racines chrétiennes et rejettaient tous les conciles. Dès lors qu’éclora une mouvance protestante libérale, de nombreux unitariens s’y retrouveront. Mais c’est surtout à la faveur de la démocratie et au printemps de la liberté d’expression que se sont élevées, comme de jeunes pousses, les idées que catholicisme romain s’était appliqué à exterminer par la contrainte, par le sang et par la terreur.

Les deux dernières décennies furent le théâtre de profondes mutations. Au nombre de celles-ci figurent, tout d’abord, l’évidence que nous sortions du temps des religions, mais aussi, la nécessité ressentie de ce que d’aucuns ont nommé une “Nouvelle Réforme”, puis encore, les percées conjuguées de la philosophie et de la science, le développement du dialogue interreligieux, et enfin, l’aspiration à de nouvelles formes de spiritualité et de partage (tous ces signes de profonde transformation comme étant une émergence d’un “post-christianisme”). Tous ces phénomènes qui, un temps, ont pu sembler affaire de convictions, sont devenues, pour nous, partie intégrante de notre univers spirituel et conceptuel.

Face à ce qui apparaît comme l’un des plus formidables défis que leur lance le monde, l’ensemble des Eglises historiques a réagi par un repli frileux sur leurs institutions, une cléricalisation sans précédent, un certain autisme à l’endroit des évolutions sociétales et des aspirations spirituelles de nos contemporains. Or, ces aspirations sont les nôtres.

Dans ce contexte, et désireux d’approfondir nos voies spirituelles loin des crédos et des systèmes autoritaires, souhaitant disposer d’un espace de partage ouvert à toute personne en recherche, nous avons fondé la Fraternelle Unitarienne.


Sommes-nous chrétiens ?

La question du Dieu unique est posée par les trois monothéismes et deux d'entre eux, l'islam et le judaïsme y répondent par l'unitarisme. Pour ces 2 monothéismes, non seulement Dieu est un mais aussi unique.

Les Unitariens historiques ne connaissent pas de Trinité. Par fidélité proclamée à l'Ancien Testament, leur représentation du divin se fonde sur le verset « Écoute Israël, le Seigneur est notre Dieu, le Seigneur est Un » (pour lire l'article "Ecoute Israël" de Bernard Biro, cliquer ici: /Ecoute_Israel.aspx). L’unitarisme « historique » est un christianisme ou Dieu est UN, non en trois personnes (le Père, le Fils, et le Saint Esprit). Jésus est l'homme qui est le plus près de Dieu, du divin. Jean-Pierre Babin créa ce merveilleux néologisme à son égard en l'appelant notre "Enseigneur". Quant au Saint Esprit, il est 1) dans le Père, 2) en Jésus, son fils privilégié mais son fils comme nous tous, 3) dans tous ceux qui servent Dieu et l'humanité. Nulle part dans les Evangiles il n'est question de la Trinité ; ne serait-elle pas plutôt symbolique : Dieu est vie (le Père), Amour (le Fils), Esprit (le Saint Esprit) ? Nous pouvons qualifier l’unitarisme « historique » de christianisme si l’on entend par là « l'ensemble des religions fondées sur la personne et l'enseignement de Jésus-Christ » (Larousse). C’est en ce sens que Théodore Monot se qualifia de « chrétien pré-nicéen », c’est-à-dire d’adepte des enseignements de Yechoua, fils de Joseph, avant qu’ils ne soient interprétés par le concile de Nicée en 325 et les conciles suivants.

Pour autant, la discussion sur la qualification possible de « chrétien » n’est pas close si le sens retenu est celui des adeptes de la théologie de Paul de Tarse pour les raisons suivantes. En premier lieu, c’est lui a qui a créé et développé le concept théologique de christ (voir ses différentes épîtres). C’est précisément parce qu’il se focalisait sur cette conception que ses détracteurs se sont moqués de ses adeptes en les qualifiant de « chrétiens». Les contemporains de Yechoua, fils de Joseph (dit Jésus) qui avaient vu en lui un prophète, et qui attendaient l'avènement du Royaume promis, se regroupèrent après sa mort en petites et libres communautés, rejetant tout autre magistère que celui de Yechoua. On les nomme aujourd'hui judéo-chrétiens. Ces communautés, parfois rivales, faisaient partie intégrante du judaïsme dont elles respectaient les prescriptions. Pour ce qu'elles croyaient de Yechoua, fils de Joseph, il suffit de lire Actes II:22 : « Hommes israélites, écoutez ces paroles : Jésus le Nazaréen, homme approuvé de Dieu auprès de vous par les miracles et les prodiges et les signes que Dieu a faits par lui… » ou le verset Matthieu 24:36 : « Mais quant à ce jour-là [celui de la tribulation], et à l'heure, personne n'en a connaissance, pas même les anges des cieux, si ce n'est mon Seigneur Lui Seul », ou encore sur Matthieu 28:18 : « Toute autorité m'a été donnée » dont Arius argumentait que si toute autorité avait été donnée à Yechoua c'est donc qu'il ne la possédait pas auparavant. Dès lors, Yechoua n'était pour les judéo-chrétiens ni Dieu, ni ange, mais un prophète. L'opposition à Paul de Tarse était générale parmi ces judéo-chrétiens. Le christianisme paulinien, ou pagano-christianisme, l'emporta d'autant plus vite que les Romains détruisirent le Temple de Jérusalem en 70. Dès ce moment les judéo-chrétiens n'eurent plus de centre spirituel. Une voie royale s'ouvrait devant Paul et ses partisans. Quelques quatre siècles plus tard, l’empereur romain Constantin imposa par la force à Nicée en 325 la divinité du Christ, ce qui deviendra au concile suivant le dogme de la trinité. Le courant dit « chrétien unitarien » revendique son origine dans les courants pré-nicéens judéo-chrétiens strictement monothéistes au nombre desquels l'arianisme. Il découle de ceci que les unitariens ne pourraient pas être qualifiables de chrétiens par le fait qu’ils sont les héritiers spirituels, non pas de Paul de Tarse, mais des judéo-chrétiens.

Les Unitariens historiques considèrent la Bible comme une source de révélation, mais d'interprétation libre. Aux vertus « chrétiennes » de foi, charité, espérance, ils ajoutent la foi en la raison humaine, l’exigence de liberté, la tolérance..

Aux côtés des Unitariens historiques, s’est développé le courant « unitarien », appelé en Amérique du Nord « unitarien et universaliste », qui s'attache à développer des espaces de partage, dans lesquels la référence à la Bible n'est ni obligatoire, ni nécessaire. Les participants aux assemblées unitariennes universalistes peuvent provenir de diverses voies spirituelles, ou ne s'inscrire dans aucune tradition religieuse, chacun restant libre de sa recherche et de sa voie.

Unitariens historiques et unitariens-universalistes partagent l’approche protestante libérale et partagent l’élan de ceux qui prônent une Nouvelle Réforme où il ne s’agit plus de réformer l’église mais de repenser la foi.

La Fraternelle Unitarienne fut fondée par des représentants des trois courants : unitariens chrétiens, unitariens-universalistes et protestants libéraux.


Sommes-nous une église ?

La Fraternelle Unitarienne n’est pas une église. Pour autant, elle peut occasionnellement organiser des célébrations. Lors de celles-ci, nous valorisons le caractère inspirant de textes, qu’ils soient littéraires, philosophiques, scientifiques ou spirituels. La structure des célébrations est une alternance de lectures, de pièces musicales encadrant un temps de réflexion.


Notre logo

Le symbole utilisé par la Fraternelle Unitarienne est le calice flamboyant qui symbolise l’entraide, le sacrifice et l’esprit mais aussi la recherche de la connaissance, de la conscientisation et de l’éveil. Il est le symbole international du mouvement unitarien et universaliste.